49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Documents préparatoiresPublié le 29 décembre 2009

Quatre pages "La CGT, sa force : un enjeu face à la crise

Publié en avril pour lancer les débats du congrès

Quelle Cgt ? Comment être plus efficace ? Comment parvenir à modifier en profondeur le rapport de force pour que le salariat soit en capacité de peser sur les décisions, pour que le syndicalisme ne soit pas seulement le pompier du social ? Tel est l’enjeu du 49e congrès de la Cgt. Aujourd’hui, la Cgt avec ses 700 000 adhérents ne côtoie qu’un salarié sur quatre. Nous souhaitons transformer ses structures et le fonctionnement de l’organisation pour être mieux « le syndicat de tous les salariés » : ceux des PME, PMI, de l’artisanat, ceux des services,des entreprises sous-traitantes,les salariés précaires,les saisonniers,bref,tout ce salariat qui se développe,se modifie et ne connaît que trop peu le syndicalisme.

D’un côté, les PDG des grandes entreprises accumulent les profits, les parachutes dorés, les indemnités indécentes, les salaires mirobolants. De l’autre, les salariés, les privés d’emplois, les retraités, confrontés aux fermetures d’entreprises et aux licenciements, à la baisse du pouvoir d’achat, aux privations de toutes sortes. Le gouvernement, en bon délégué du Medef, favorise les premiers avec le bouclier fiscal, les exonérations de cotisations sociales, la suppression de la taxe professionnelle. Il matraque les seconds en ignorant délibérément les revendications salariales et en poussant les feux de la déréglementation sociale. Bref, les riches sont toujours plus riches tandis que les autres s’appauvrissent chaque jour un peu plus. L’une des solutions de sortie de crise ne passe-t-elle pas par l’investissement dans le travail pour satisfaire les revendications de celles et ceux qui créent les richesses dans ce pays ? Ne convient-il pas d’encourager les salariés plutôt que les actionnaires ?

Le rôle du syndicalisme en France, en Europe et au niveau international, ne doit-il pas être renforcé pour apporter des réponses novatrices à la crise ? Des droits nouveaux et un véritable pouvoir d’intervention ne pourraient-ils constituer des instruments de régulation face à la domination financière ? Au travers de ces deux questions, nous voulons poser, comme un enjeu pour toute la société, la capacité à agir du syndicalisme, au travers du nombre de ses adhérents et de ses prérogatives à répondre aux besoins sociaux. Plus de 60% des salariés de notre pays font confiance aux syndicats pour faire évoluer leur situation. Comme le montrent les puissantes manifestations unitaires de janvier, de mars et du 1er Mai, ils considèrent l’unité des organisations comme un élément clé pour obtenir des avancées revendicatives.

Le résultat des élections prud’homales de décembre 2008 démontre une confiance grandissante dans la Cgt. Un intérêt nouveau vis-à-vis de notre organisation semble se dessiner : depuis le début de l’année, plus de 15000 salariés ont décidé de se syndiquer à la Cgt. En décembre se tiendra le 49e congrès à Nantes. Ce sera un grand moment de la vie démocratique de l’organisation, l’occasion pour les syndiqués de débattre, de confronter, de décider et d’élire leurs dirigeants. Mais la Cgt n’a pas l’intention de préparer son congrès en marge des salariés.Au contraire, elle sollicite leur avis pour mieux répondre à la question : comment construire cette force pour les aider et pour gagner ? Dès maintenant la Cgt invite les salariés, les syndiqués à s’impliquer dans les débats à partir de ce document, mais aussi au travers d’un forum Internet. Des centaines de réunions, organisées dans tout le pays, que nous voulons ouvertes à tous les salariés, syndiqués ou non, vont se tenir. Femmes et hommes, jeunes ou retraités, ouvriers ou cadres, salariés précaires, titulaires ou privés d’emploi, travaillant dans une PME ou un grand groupe…, vous y avez votre place, vous êtes toutes et tous concerné(e)s.
La Cgt, sa force, c’est vous.

Travail

Ces trente dernières années, le travail s’est transformé. Il s’est individualisé avec des objectifs de plus en plus inatteignables pour les salariés du public et du privé, compte tenu des exigences de rentabilité, dictées par la seule logique financière. À l’heure des hautes technologies, des ressources humaines, de la participation, comment peut-on souffrir encore au travail ? Le syndicalisme a essentiellement cantonné son intervention sur l’enveloppe du travail, c’est-à-dire le statut, les salaires, le temps de travail… Ne doit-il pas s’intéresser aussi au contenu et à l’organisation du travail ? Ne convient-il pas de relever le défi du « bien travailler » et de l’épanouissement des hommes et des femmes au travail ? De reconsidérer le travail comme un champ majeur du développement humain ? Le syndicat n’a-t-il pas un rôle à jouer pour une véritable revalorisation du travail ? Le travail ne doit-il pas être un droit plutôt qu’une marchandise, afin de permettre à chaque salarié d’évoluer, de se réaliser, de se former dans un parcours professionnel sécurisé ?

Solidarité

Tout est fait pour opposer, diviser, mettre les salariés en concurrence dans l’entreprise et en dehors, dans le pays et dans le monde. Diviser pour mieux régner, la maxime n’est pas nouvelle. En France et sur la planète, il est urgent de faire reculer les dominations financières pour répondre aux besoins des populations. Les puissantes mobilisations de ces derniers mois traduisent, dans des dimensions exceptionnelles, les attentes et les inquiétudes des salariés. Elles font écho aux manifestations qui se sont déroulées dans plusieurs pays d’Europe. La Cgt veut être cet outil ou cette maison commune qui rassemble pour remettre le social au coeur de la société. C’est le sens de notre revendication du nouveau statut du travail salarié et de la sécurité sociale professionnelle. Pour nous, la diversité du salariat est une richesse. L’égalité professionnelle hommes-femmes est une revendication essentielle. La protection sociale est un des piliers majeurs de la construction de solidarités. Nous voulons agir au quotidien pour satisfaire les besoins sociaux, pour imposer une autre répartition des richesses produites par le travail. La valeur de l’intérêt général porté par les services publics a une place déterminante dans cette bataille. Nous voulons mettre en chantier un socle de garanties collectives interprofessionnelles avec des droits individuels garantis collectivement et transférables d’une entreprise à l’autre. Comment pouvons-nous construire un rapport de force, basé sur une articulation allant « au plus près du salarié », jusqu’au niveau de la mondialisation ?

Démocratie

Nous voulons franchir une nouvelle étape dans le domaine de la démocratie sociale. Nous travaillons à faire du syndiqué un acteur décisif pour élaborer les positions du syndicat, consulter les salariés tout au long des négociations, en tenant compte de l’avis exprimé. Sans être la règle partout, nous consacrons de réels efforts à la participation des syndiqués et à l’expression des salariés. Déjà la loi sur la représentativité des syndicats permettra aux salariés, par leur vote, de déterminer la place de chacune des organisations dans la négociation au niveau de l’entreprise comme au niveau national. Elle limitera la pratique détestable des accords minoritaires. C’est une avancée qui appelle à dépasser une conception de la délégation de pouvoir pour gagner une participation effective des salariés et des syndiqués dans la vie des syndicats et dans la conduite des négociations. Nous revendiquons pour cela des nouveaux droits, pour les syndiqués et les salariés, pour que les idées, les propositions de ceux qui travaillent soient prises en compte. Ce sont eux qui produisent les richesses, qui connaissent le travail, ils doivent pouvoir s’impliquer dans la gestion de l’entreprise, du groupe, quelle que soit leur taille. En respectant la hiérarchie des normes sociales, ne faut-il pas dépasser le simple dialogue social en territoire tel que nous le connaissons parfois, pour ouvrir des négociations interprofessionnelles à l’échelle d’une agglomération, d’une région, sur des revendications qui touchent au quotidien les salariés, comme les transports, le logement, la santé, l’accueil de la petite enfance ? Le droit syndical doit vivre dans les entreprises où il est bafoué et pénétrer dans celles de moins de 11 salariés.

Prenez la plume, prenez la parole

La qualité du congrès sera d’autant plus grande qu’elle bénéficiera de l’avis des salariés et de l’apport de chaque syndiqué.
Pour vous, c’est quoi, une Cgt efficace ? Comment la voyez-vous…
■ dans votre entreprise, établissement ou service ?
■ dans votre profession ?
■ dans votre zone géographique ?
■ au plan national ?
■ au plan européen et international ?
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