49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Revue de pressePublié le 6 janvier 2010

" Le congrès, ce n’est pas la trêve des confiseurs "

L’Humanité quotidienne du mercredi 9 décembre 2009 remarque que pendant le congrès, la lutte continue.

« Derniers arrêts avant la grève », annonce-t- elle. « Hier, 15.000 cheminots ont défi lé dans Paris. Un préavis de grève reconductible chez les roulants a été déposé par la CGT, SUD et la CFDT pour samedi. [...] “ Le congrès de la CGT, ce n’est pas la trêve des confi seurs ”, lâche un cheminot hilare, à quelques journalistes. Hier, 15.000 agents de la SNCF ont défi lé entre le siège de l’entreprise publique, près de la gare Montparnasse, et le ministère des Transports, boulevard Saint-Germain. Un parcours symbolique pour la CGT, l’Unsa et la CFDT, qui, avec cette manifestation nationale, entendaient “ mettre le président de la SNCF, le ministre des Transports et le gouvernement devant leurs responsabilités ”. Les organisations syndicales exigent l’arrêt des restructurations en cours au sein de l’entreprise publique qui sont, selon elles, mortifères pour le service public, l’emploi et les salaires. » La même Humanité quotidienne estime que « l’orientation de la CGT face à la crise fait débat ». « La discussion sur le rapport d’activité, approuvé à 77,29 % des mandats, un chiffre en recul de 5 points par rapport au dernier congrès, a tourné autour de cette question. C’est un sentiment bien présent, même si, une fois la question posée, il semble diffi cile de trouver des réponses. Les syndicats, et parmi eux la CGT, pouvaient-ils “ faire plus ”, “ faire mieux ” ou “ faire autrement ”, pour amplifi er le rapport des forces après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars derniers contre la crise ? La veille, Bernard Thibault avait pris soin de préciser que, pour lui, la démarche de la CGT n’était pas en cause. “ Vous êtes tous témoins que, lorsque nous parvenons à la mettre en oeuvre, ça marche ! ”, avait-il assuré. »

L’Huma recueille les impressions premières de Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. « Nous ne sommes pas sortis de la crise. Le congrès est donc un moment syndical important. Je pense que nous avons besoin de reconstruire des perspectives qui permettent de rassembler et de dépasser les luttes sectorielles. Pour cela, nous devons oeuvrer à la construction de revendications communes. Je m’intéresse particulièrement à deux débats : les revendications comme la protection sociale ou la formation, sur lesquelles nous avons déjà travaillé avec la CGT, mais aussi pour l’avenir du syndicalisme. Il s’agit de voir comment nous pouvons avancer vers plus d’unité, davantage de travail en commun, dans l’intérêt de l’ensemble des salariés. Je souhaite que la CGT, mais je n’en doute pas, prenne des décisions unitaires et, en même temps, que cette unité soit dirigée vers des perspectives d’action et de rassemblement des salatriés. »

Pour Les Échos du 9 décembre 2009, « la crise pèse sur les débats du congrès ». « Mais le point sans doute le plus marquant des débats d’hier a été la persistance d’un formidable décalage entre les discours très idéologiques de certains et le retour d’expérience de terrain des autres. De la réorganisation des unions locales de Côte-d’Or pour se rapprocher du salariat des PME au syndicat de site de Parly 2 en région parisienne. Au coeur du 49e congrès, le débat sur la nécessité d’adapter les structures de la CGT aux évolutions du monde du travail ne fait que commencer. »

Le quotidien numérique Médiapart – Mediapart.fr – du 4 décembre présente une étude de Françoise Piotet commandée par la CGT. « Françoise Piotet est professeur de sociologie à l’université Paris-I La Sorbonne. Elle a dirigé une enquête de terrain menée avec quatre chercheurs entre 2003 et 2006, à la rencontre des militants de base de la CGT. Cette étude a été commandée par la CGT, désireuse de mieux connaître ses adhérents. » Cette étude a été publiée aux PUF sous le titre La CGT et la recomposition syndicale. François Riotet décrit « non pas une CGT, mais “des CGT ”, juxtaposition de mondes quasiment clos, s’ignorant les uns les autres. » Elle explique : « Ce n’était pas [...] l’image que nous avions avant de commencer la recherche. Nous avons été très étonnés. Nous nous sommes aperçus que nous connaissions bien le sommet, les responsables, leur discours. Mais, en réalité, on a beaucoup de mal à apprécier la très grande diffi culté qu’ont les responsables à faire passer leurs consignes et leurs mots d’ordre. Quand on déclare une mobilisation, on sort les banderoles et tout le monde est là. Vue de l’extérieur, la capacité à mobiliser de la CGT est importante, elle l’est réellement. Mais cela ne suffi t pas pour rendre compte de la très grande diversité sur le terrain. Entre les organisations, les liens sont très lâches. Ce sont des mondes en partie clos. Il n’y a plus d’unité idéologique. On est à cent lieux d’une CGT monolithique, courroie de transmission du Parti communiste.[...] C’est un vrai bazar, bien plus par exemple qu’à la CFDT. Tant que le ciment idéologique fonctionnait, tant que tout le monde avait les mêmes catégories de pensée, tout allait bien. Mais il n’y a plus cette colle, et la CGT n’a pas pour autant repensé ses structures. La CFDT, elle, a toujours pensé les structures, alors que la CGT n’a pas su s’adapter aux évolutions institutionnelles. Par exemple, la CFDT dit : il y a une seule section syndicale par entreprise, et basta. A la CGT, vous avez dans la même entreprise des syndicats, des sections syndicales catégorielles... Dans les congrès, il y a des syndicats de 10 personnes... ou de 1.000 personnes. Vous avez aussi des “bases”, qui sont des regroupements de personnes qui vont peut-être, un jour, devenir une section…  » [...] La chercheuse insiste : « la CGT doit s’ouvrir au secteur privé. C’est une très vieille inquiétude à la CGT. Dans les années 1950, les textes de congrès s’en alarmaient déjà. L’idée que la CGT c’est d’abord la défense du service public reste très ancrée. D’ailleurs, toutes les structures interprofessionnelles dont je viens de vous parler se sont montées dans le public. Or, la CGT doit absolument se désenkyster du public et étendre la syndicalisation dans le privé. Il y va de l’avenir de la maison. Seulement, la CGT est un pétrolier de plusieurs centaines de mètres : elle ne bouge pas en appuyant sur un bouton… »

Ouest France du mercredi 9 décembre 2009 juge que « la CGT aimerait bien prendre un coup de jeune ». « Seulement 2 % des 650.000 adhérents du premier syndicat de France ont moins de 30 ans. Mobiliser la jeunesse, notamment les précaires, les salariés de PME, est un enjeu fort du congrès de Nantes. [...] La CGT doit s’adapter à l’évolution du salariat en France. Aller chercher les jeunes là où ils sont. Plus isolés, plus difficiles à capter. Historiquement présent dans les secteurs industriels, les grandes entreprises, le syndicat peine à s’installer dans les PME, le secteur des services (assistantes maternelles, aides à domicile), où leur nombre grandit. [...] Dans une société plus individualiste, les jeunes ne sont « pas moins en recherche de collectif, mais sous de nouvelles formes », estime la secrétaire Agnès Naton. Un Facebook CGT pour les ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict) vient d’être créé. « Sur notre site, les jeunes peuvent aussi se syndiquer en ligne », dit Fabrice Hallais, de l’Ugict BNP Paribas à Paris

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