49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Tribune de discussionPublié le 1er décembre 2009

Lucien Bagnoli - retraité CGT

Faire évoluer la démocratie dans la CGT

"A mon sens, la priorité à rechercher et à travailler serait plutôt le développement du « couple syndicat-union locale » pour des raisons de proximité auprès du salariat permettant une véritable efficacité et un fédéralisme vivant."(...)

Évolution des règles de fonctionnement de la CGT

« La réflexion sur les évolutions à entreprendre dans la CGT ne saurait s’arrêter à la porte de confédération ». Chapitre III n° 171.

FAIRE EVOLUER LA DEMOCRATIE DANS LA CGT, POUR PLUS DE DEMOCRATIE

Mon choix d’intervention porte sur la troisième partie du document. Ce qui est proposé consiste à modifier profondément la vie de nos organisations, donc de toute la CGT.

A partir des évolutions de notre société capitaliste : « le travail ; la présence syndicale ; les luttes ; leur efficacité ; les résultats ; la démocratie en interne et en externe, etc. Le document détaille des propositions pour les syndicats, les branches professionnelles, les unions locales avec la définition nouvelle de territorialité. Par contre, peu de détails sur le rôle et l’avenir des unions départementales, mais avec à nouveau la réaffirmation de l’importance du « pôle région-syndicats ».

A mon sens, la priorité à rechercher et à travailler serait plutôt le développement du « couple syndicat-union locale » pour des raisons de proximité auprès du salariat permettant une véritable efficacité et un fédéralisme vivant.

Tous ces thèmes méritent largement des débats et des contributions.

Pour ma part, ma réflexion porte sur la démocratie dans la CGT au 21ème siècle. Je pense qu’une évolution dans ce domaine doit voir le jour, et pourquoi pas concrètement au 50ème congrès ?

Tout évolue, certes la CGT a des statuts démocratiques mais il nous faut réfléchir aussi au niveau confédéral, au rôle et à la place de chacun. La centralité au niveau confédéral me semble aussi dépassée. Aujourd’hui, le besoin de chaque syndiqué, travailleur, de compter, de dire, de décider vraiment à tous les niveaux a grandi et s’exprime comme des exigences. Nous ne sommes plus en 1950 ou en 1970, voire en 1980...

C’est pour cela que la préparation, puis la tenue du congrès confédéral devrait être profondément revu pour être plus démocratique, plus direct, plus réel (car une représentation de 1 000 délégués, même élus ou désignés parfois, ne font pas la CGT). Les nouvelles exigences qu’expriment des syndiqués des syndicats et des unions locales donneraient plus d’allant aux votes et aux décisions prises en congrès.

1. Première proposition Concernant la préparation du congrès et le choix des délégués, si procéder sur la base des FNI payés est juste, ne pourrait-on pas proposer que chaque organisation de base dûment constituée puisse prétendre au moins à un mandat statutaire.

Ensuite pourquoi ne pas organiser, sur cette base de proximité réelle et de démocratie évolutive, des votes directs et décentralisés et procéder ensuite par étape jusqu’au congrès. La démocratie demande des moyens et du temps.

2. Deuxième proposition Par rapport à la connaissance des critères retenus pour les futurs membres de la CE confédérale, quel débat de masse à priori ?

Porter à la connaissance des syndiqués les critères envisagés, recueillir les propositions de leur choix et ainsi permettre qu’au moment du congrès l’élection de nos dirigeants soit bien l’affaire du plus grand nombre.

Je propose que ce soit le congrès réuni qui vote les membres de la CE confédérale et non plus le CCN qui lui est trop souvent constitué de camarades désignés.

3. Troisième proposition Concernant le rôle du CCN : La valorisation de la fonction du CCN est prépondérante. C’est lui qui oriente les choix de la CGT. Mais cela fait au moins quatre congrès confédéraux que personnellement j’entends parler de la revalorisation de son rôle. Les résultats sont maigres. Ceci constaté, pour aller au delà des intentions et permettre au CCN de remplir pleinement et totalement sa mission dirigeante, il lui faut une vraie légitimité, une vraie autonomie par rapport à l’outil confédéral (bureau et CE dont les responsabilités sont toutes autres). Pour la réaliser, il nous faut renforcer les moyens matériels et surtout humains en allant vraiment puiser dans nos bases les cadres ou futurs cadres syndicaux nationaux dont la CGT a besoin.

Je propose que le CCN au regard de son rôle, soit élu par le congrès et sur la base d’un processus démocratique du bas jusqu’au congrès (choix, candidatures, élection).

A partir de ces conceptions nouvelles, le congrès de la CGT, le CCN, et la vie quotidienne de l’organisation confédérale (bureau et CE) s’en trouverait redéfinie et selon moi revalorisée. N’est-ce pas cela le fédéralisme enrichi dont on parle tant ? Le fédéralisme doit se vivre pour l’action, l’unité, pour la construction de rapports de force. Le fédéralisme, c’est le pouvoir partagé et conjugué.

Quant à la vie de la confédération, issue de l’interprofessionnel, elle devient une organisation de l’organigramme de la CGT qui travaille, remplit ses tâches nationales, engage sa responsabilité, fluidifie les communications, impulse les décisions prises, tout cela en lien avec le renouveau des organisations professionnelles et territoriales.

Le nouveau CCN, dans son rôle vraiment rehaussé, souverain et décisionnel, pourrait se réunir au moins 8 fois par an et plus si nécessaire.

Lucien BAGNOLI Syndiqué CGT à la retraite. Bouches du Rhône

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