49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Revue de pressePublié le 6 janvier 2010

Le congrès vu par la presse de la CGT

Ensemble, c’est tout

Un article paru dans Ensemble d’octobre

Avec la création du syndicat de site CGT de l’usine Comurhex (Aude), une nouvelle page s’ouvre pour les salariés des entreprises sous-traitantes qui peuvent y adhérer. Moins isolés, ils entendent faire respecter leurs droits.
Par Eva Emeyriat, journaliste

Une cheminée crache des volutes de vapeur nitreuse à l’entrée de l’usine. Un panneau affiche la couleur : nombre d’accidents avec arrêts dans l’année 5, nombre de jours perdus 146. D’après les smileys dépités accolés au texte, l’on imagine que ces chiffres font tâche pour la direction de Comurhex de Narbonne (Aude), une usine de conversion de l’uranium naturel. « on culpabilise les salariés au lieu de s’attaquer aux causes des accidents , peste Daniel Sanchez, membre du bureau confédéral CGT, en visite sur le site. D’ailleurs, lorsqu’une fuite de fluor a été détectée, les salariés de Comurhex ont été invités à être vigilants, « et ce de façon insidieuse, alors que la direction devrait plutôt mettre la gomme sur la formation », explique Fabrice Pérea, délégué CGT. Mais ce qui fait tâche aussi, ce sont les conditions de travail des salariés employés par la cohorte de sous-traitants qui oeuvrent sur place pour cette filiale d’Areva dans les domaines de la décontamination, du nettoyage, de la sécurité ou encore de la restauration. Cent personnes sur un effectif total de 360 personnes.

Alain Rousseau, secrétaire de l’UD de l’Aude
La création de ce syndicat est un tour de force dans ce qui est le dernier bastion industriel de l’Aude. De nos jours, le syndicalisme doit être au plus près de tous les salariés. Ce n’est pas à eux de s’adapter à nous, mais à la CGT de s’adapter à eux.

Brimades, non respect du droit, harcèlement … le chapelet d’injustices qui leur est réservé est impressionnant : « dans les ateliers, les salariés de Comurhex ne doivent plus travailler quand la température excède 50°, ceux de la sous-traitance, eux, n’ont aucune limite fixée, s’indigne Fabrice Pérea, délégué CGT et salarié de Comurhex. On n’a pas le droit de laisser les gens seuls avec leurs problèmes ! ». Au printemps dernier, germe l’idée de créer un syndicat de site rassemblant les salariés du donneur d’ordre et des sous-traitants. En fédérant les voix de ces derniers, la CGT, premier syndicat de Comurhex, espère aussi se renforcer grâce à la loi du 20 août 2008 sur la représentativité. (Lire zoom). Quatre mois après sa création, le syndicat comptait 106 adhérents dont 32 issus de la sous-traitance. Preuve que la coupe était pleine pour ces salariés qui hésitent souvent à franchir le pas de la syndicalisation. « Ils seront mieux entendus », se félicitait Fabrice Pérea, lors de l’AG du syndicat le 16 septembre dernier. Dans l’assistance, des représentants de diverses fédérations (métallurgie, commerce distribution et services…) l’écoutent attentivement. « chez Comurhex, nous dépendons de la chimie, mais les sous-traitants peuvent relever de diverses fédés. On aura besoin de toute votre expertise », leur explique Fabrice. Le jeune militant a l’occasion de passer tout de suite aux travaux pratiques. Cinq mécaniciens du sous-traitant MIS viennent de recevoir une lettre d’avertissement, un sixième est menacé de licenciement pour avoir revendiqué une prime. « Si une solution n’est pas trouvée ce soir, on débraye ! Les sous-traitants n’ont pas l’habitude du dialogue avec les syndicats, ils vont devoir se mettre au diapason ! », tonne Fabrice.

Zoom

Signataire de l’ANI sur la représentativité, la CGT a dénoncé certaines dispositions de la loi du 20 août 2008 qui en découle : les salariés de la sous-traitance peuvent certes être comptés dans les effectifs de l’entreprise utilisatrice mais seulement au bout d’un an de présence dans les locaux. Pour être électeur, il faut même une présence d’un an sans interruption. Vigilance donc…
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Paroles de syndiqués
- David Gardes, 37 ans, cariste chez Gads, sous-traitant
Je travaille ici depuis quatre ans et demi et l’on m’a fait suivre beaucoup de stages de sécurité. Mais tout ca, c’est de la théorie, et aucune pratique ! Je travaille avec des chariots élévateurs en mauvais état. S’il arrive un accident, je suis responsable. Je me suis syndiqué pour être enfin entendu !

- Patrick Deconinck, 59 ans, coordinateur de site chez Securitas, sous-traitant Honnêtement, sans y être hostile, je n’étais pas du tout « syndicat » auparavant. J’encadre l’équipe de sécurité depuis 15 ans. Cet été la pression psychologique a été très dure pour nous tous ! Je me syndique parce que j’ai le droit au respect, tout simplement.

- Martial Villemagne, 25 ans, chaudronnier-tuyateur chez Mis, sous-traitant Je suis convoqué à un entretien préalable de licenciement le 28 novembre. Je travaille ici depuis deux ans avec des températures allant jusque 47°C. J’ai revendiqué avec mes collègues de meilleures conditions de travail. Ca n’a pas plu. Je suis décidé à me syndiquer pour me battre !

- Fabrice Pérea, 35 ans, secrétaire du syndicat de site et opérateur chez Comurhex
Le groupe Areva dont dépend Comurhex fait beaucoup de battage médiatique pour assurer sa communication, or sur un site comme le nôtre, le Code du Travail n’est même pas respecté pour l’ensemble des salariés !

Photothèque

Vue générale de la salle Rencontre-débat Alès - B.Thibault Rencontre-débat Alès - Rencontre-débat Alès - Rencontre-débat Alès - Rencontre-débat Alès - Rencontre-débat Alès - Rencontre-débat Alès