49e Congrès CGT - Nantes 7-11 décembre 2009

Le quotidien du CongrèsPublié le 29 décembre 2009

Rapport d’activité

En réponse au débat Daniel Prada

Nous venons d’avoir un premier échange  : il a porté sur le rapport d’activité de la direction confédérale. Cette direction a été élue au 48e congrès pour mettre en œuvre les orientations décidées à Lille par les syndicats de la CGT. […] Je vais centrer mon intervention sur deux questions. La première concerne la conduite des luttes. Des délégués ont donné leur opinion à ce sujet. […] Nous nous sommes engagés, dans la construction d’un syndicalisme solidaire, d’un syndicalisme de conquêtes sociales. Nous l’avons fait, en considérant qu’il fallait, conformément à notre histoire, à nos valeurs, chercher à rassembler le syndicalisme, lutter contre la division, avec conviction pour les uns, avec des interrogations pour d’autres et, quelquefois, avec des réticences pour certains.

Nos valeurs toujours présentes

Aux camarades qui contestent cette stratégie syndicale, je voudrais dire  : c’est ce syndicalisme-là qui nous a permis déjà, il y a finalement très peu de temps, de contribuer fortement à la victoire contre le CPE, aujourd’hui d’être aux côtés des travailleurs sans papiers et de gagner avec eux leur droit d’exister, d’être aux côtés de tous ceux qui luttent pour leur emploi, leurs conditions de travail, leur pouvoir d’achat, leur protection sociale et pour bien d’autres revendications.
J’avoue que c’est avec un peu d’émotion que j’ai entendu certains propos sur les valeurs et les idéaux de la CGT qui seraient abandonnés par la direction confédérale. J’ai envie de dire à Modibo Traoré  : merci, camarade, tu leur as apporté une meilleure réponse que je n’aurais su le faire moi-même.
Nous ne nous sommes pas, d’ailleurs, contentés de résister nous avons été, à chaque fois que cela a été nécessaire, présents dans de nombreux domaines, sur le terrain de la proposition, de la perspective, de l’alternative aux conceptions libérales. C’est dans ce syndicalisme-là que se sont reconnus les salariés qui, aux élections des conseillers prud’homaux, ont renforcé l’influence de la CGT. Un sondage publié ce matin révèle que 60 % des personnes interrogées disent compter sur les syndicats  ; 49 % considèrent que la CGT est le syndicat le plus combatif.
C’est notre bien commun, c’est notre bilan commun, c’est celui de la direction confédérale  ! Cependant, notre syndicalisme s’est trouvé confronté à une offensive libérale très vigoureuse […]. Certains camarades s’interrogent sur la conduite des luttes. Aurait-on pu faire autrement, faire plus, faire mieux  ? […] Qui parmi nous, et souvent pour avoir beaucoup donné de sa personne, n’a pas souhaité d’un niveau plus élevé du rapport de force  ? Mais la réalité s’impose à nous et elle nous impose de la comprendre dans toute sa complexité, si nous voulons pouvoir la transformer. […]
Nous avons eu des mobilisations d’une ampleur exceptionnelle, exemplaires au niveau mondial. Et cela malgré le chômage, malgré la précarité, malgré les bas salaires, malgré l’angoisse du lendemain. Or nous ne sommes pas de ceux qui croient à la spontanéité des luttes.
Il ne s’agit, bien sûr, ni de s’autoféliciter, ni de s’approprier le mouvement social, car nous n’avons pas été les seuls à le construire, mais tout simplement de nous dire qu’on y est pour quelque chose, dans ces mobilisations. Que notre conception du syndicalisme y est pour quelque chose. […] Certains camarades peuvent considérer, et c’est bien évidemment leur droit, que telle ou telle orientation, voire les orientations de la CGT, seraient à revoir.

Nos orientations ont permis des mobilisations vigoureuses

La direction confédérale considère au contraire que les orientations décidées en congrès […] ont permis les mobilisations évoquées, mais qu’il est impératif de se donner les moyens d’aller beaucoup plus loin dans leur mise en œuvre.
Alors oui, dans cette perspective, il faut examiner sans a priori, sans complaisance, les difficultés, les obstacles que nous avons rencontrés mais aussi l’acquis, le potentiel de force que représente le nombre considérable de travailleurs qui se sont mis en mouvement. […] Mais nous-mêmes, notre organisation, avons eu nos propres limites. Nous avons buté sur les limites de notre implantation, sur celles de notre nombre de syndiqués, sur nos formes d’organisation, sur nos difficultés à mutualiser au niveau voulu nos forces […]. La direction confédérale, les organisations de la CGT ont cherché à conjuguer en permanence mobilisation professionnelle et interprofessionnelle […], mais si nous ne l’avons pas toujours fait partout et en même temps, cela n’a pas été toujours de notre fait  ; chacune des autres organisations syndicales a sa propre stratégie, ses propres objectifs. Ces questions nous renvoient au débat à venir sur le document d’orientation.
Deuxièmement, des délégués sont intervenus d’une manière ou d’une autre sur les choix à faire en matière économique, sur des droits nouveaux pour les salariés, sur la gestion de la Sécurité sociale.
Deux ou trois camarades ont évoqué la question de la représentativité. […] Le chemin à parcourir pour que la démocratie s’installe dans l’entreprise sera long et semé d’embûches. […]
Ce n’est pas pour rien, chers camarades, que le débat sur le travail est revenu avec force dans notre société, mesurons bien ce que cela signifie. Les êtres humains ont besoin du travail pour s’accomplir comme être social, pour construire leur propre identité et autonomie, pour se protéger des risques inhérents à toute vie humaine. […]
Or, lorsque le travail est ramené au seul service du capital, au seul intérêt de l’actionnaire, son exploitation provoque les dégâts auxquels nous assistons sur l’emploi, les salaires, les conditions du travail, qui peuvent conduire des salariés au désespoir. Notre engagement pour l’émancipation, pour que le travail et l’économie aient pour finalité le développement humain et celui de la société, est étroitement associé à la possibilité pour les salariés de pouvoir intervenir sur la qualité et la finalité du travail dans leur entreprise et dans la société.
La direction confédérale a été élue à Lille pour faire progresser la démocratie sociale pour cette raison vitale. […]

Le débat sur le travail est revenu avec force

Comment […] encourager les travailleurs à peser sur le contenu de leur travail, sur son utilité sociale et économique, sans sortir déjà de règles de la représentativité syndicale qui nient la démocratie, de règles qui rendent légitimes des accords minoritaires qui volaient aux salariés leur libre arbitre, leurs choix syndicaux et qui, en fin de compte, discréditaient le syndicalisme et l’affaiblissaient  ? […]
La représentativité des syndicats doit se fonder sur l’opinion des salariés, sur leur choix, car le syndicalisme n’existe pas pour lui-même. […] Certes nous savons par expérience que notre syndicalisme n’a pas les faveurs patronales […]. Mais nous ne réglerons pas cette question par des artifices, mais par notre capacité à nous épauler, à mutualiser nos forces, à défendre l’intérêt commun aux travailleurs, à développer un syndicalisme de proximité.

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